Le contrat CCMI : savez-vous vraiment ce que vous signez quand vous faites construire votre maison ?

Vous avez trouvé un terrain. Vous avez rencontré un constructeur. Après plusieurs échanges, il vous présente le fameux contrat CCMI.

Tout semble parfaitement en ordre, il vous explique que c’est « LE contrat le plus sécurisé du bâtiment » et que « vous êtes protégé(e) » tout au long du projet de construction. Mais, faut-il le croire sur parole ?

Car une fois que le CCMI est signé, un engagement est conclu envers le constructeur pour plusieurs mois, voire plus d’un an ! On ne peut pas vous en vouloir de vous montrer vigilant(e)s quand le moment fatidique approche !

Est-ce que le prix convenu est vraiment définitif ? Que se passe-t-il en cas de retard de livraison ou de malfaçons ? Et si le constructeur rencontre des difficultés financières en cours de chantier ? Quels recours pouvez-vous activer en cas de litige ?

Ce qui est vrai, c'est que le contrat de construction de maison individuelle offre la meilleure protection juridique à un particulier qui fait construire une maison neuve. Mais ce n'est pas pour autant que vous n'avez rien à vérifier avant de signer !

Dans cet article, on prend le temps de tout passer en revue, point par point. Le contenu du CCMI, les obligations de chaque partie, les garanties qui vous protègent, ce que comprend le prix, mais aussi… les clauses qui ne drevraient pas s'y trouver !

Pas le temps de tout lire ? Ce que vous devez retenir

  • Le CCMI est le contrat le plus sécurisant pour faire construire une maison. Il contient obligatoirement des dispositions qui protègent votre projet (et vos finances !) jusqu’à dix ans après la livraison.

  • Le prix de la construction indiqué dans le CCMI est global et forfaitaire. Il est établi au moment de la signature et ne peut plus évoluer, sauf si vous changez tout le projet !

  • Les clauses du CCMI en disent long sur le sérieux de votre constructeur. La clarté des délais, des pénalités applicables et le niveau de détail des descriptifs sont souvent révélateurs de la transparence du professionnel.            

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Sommaire

Qu’est-ce qu’un contrat CCMI ? La définition simple

Commençons par la base ! L'acronyme CCMI signifie : contrat de construction d'une maison individuelle.

C'est le lien « officiel » entre vous (le maître d’ouvrage) et un constructeur.

Son objet est toujours le suivant : la construction d’un immeuble à usage d’habitation ne comportant pas plus de deux logements.

Le contrat prévoit à l'avance tous les aspects de l'opération :

  • la conception (dans certains cas) ;

  • la qualité d'exécution des travaux ;

  • le coût des travaux et les modalités de paiement ;

  • les délais d'exécution ;

  • les garanties qui protègent la maison, une fois livrée.

Pour résumer 

Le CCMI formalise le fait que vous confiez à un professionnel unique la charge de la construction de votre maison, selon toute une liste conditions définies à l’avance.

Le saviez-vous ?

Le CCMI n’est ni un contrat de vente, ni un « devis amélioré ».

Il est encadré par la loi du 19 décembre 1990, aujourd'hui inscrite à l'article L231 du Code de la construction.

Pourquoi cette loi ? Parce qu'avant les années 1990, construire une maison, c'était un peu le Far West ! En cas de défaillance du constructeur, d'inexécution ou de mauvaise exécution des travaux, des familles se retrouvaient avec des chantiers abandonnés et aucun recours. 

Heureusement, maintenant, vous êtes protégé(e)s contre toute forme d'abus ou les risques de faillites.

CCMI avec ou sans fourniture de plan : quelles différences ?

Pour le CCMI, vous trouverez deux variantes, pour deux fonctionnements un peu différents. Voici un comparatif pour vous expliquer simplement :


CCMI avec fourniture de plan CCMI sans fourniture de plan
Origine des plans Le constructeur conçoit et fournit les plans de la maison. Vous « imposez » vos plans au constructeur. Ils sont fournis par un architecte ou un autre prestataire.
Responsabilité La responsabilité est totale pour le constructeur (conception + réalisation). La responsabilité du constructeur limitée à l’exécution des travaux. L'architecte ou le maître d'oeuvre est responsable de sa conception.
Quand l'utiliser ? Très courant dans les projets « clé en main ». Plus rare, souvent utilisé pour des projets ultra personnalisés ou les maisons d'architecte.
Niveau de protection Cadre très protecteur pour le particulier. Un seul interlocuteur, un seul responsable. Protection identique, mais vigilance à avoir sur l'interface plans/travaux.


Le CCMI avec fourniture de plan est l'option la plus simple pour une première opération. Le constructeur est responsable de tout, de la conception à la remise des clés

Si un tiers s'occupe des plans, le constructeur n'est responsable « que » de l'exécution. 

Quand tout fonctionne bien, c'est parfait ! Mais en cas de malfaçon liée à une erreur de conception, il y a forcément une zone de flou artistique pour définir les responsabilités de chacun(e) !

Le CCMI est-il toujours obligatoire pour construire une maison neuve ?

Le CCMI est obligatoire si le même professionnel se charge au minimum des travaux de mise hors d’eau (la toiture) et hors d’air (les portes et fenêtres).

Pour simplifier, dès qu'une seule entreprise réalise tout le gros œuvre et « ferme la coque de la maison », vous devez signer un contrat CCMI. C'est une obligation légale pour protéger le maître d'ouvrage (vous).

Cependant, il y a effectivement des situations qui n'imposent pas le CCMI.

Si vous passez par un architecte ou un bureau d'études avec un contrat de maîtrise d’œuvre, vous allez ensuite signer des contrats de travaux séparés avec chaque artisan (le maçon, le plombier, l'électricien).

C'est plus flexible pour un « sur-mesure total », mais attention, le niveau de protection n'est pas le même. 

En maîtrise d'œuvre, il n'y a pas de garantie de livraison à prix et délais convenus. Si le maçon dépose le bilan en plein chantier, c'est à vous (et votre architecte/maître d'œuvre) de gérer la crise. Et si vous recevez des plus-values à la fin du chantier, vous devrez probablement les payer.

Attention aux « faux » contrats

Certains entrepreneurs tentent de contourner la loi en jouant sur les termes. Ils proposent par exemple des « contrats d'entreprise », pour éviter de payer les assurances liées au CCMI.

Si une seule entreprise se charge des travaux de votre maison mais refuse de signer un CCMI en bonne et due forme, fuyez ! Cela ne présage rien de bon pour la suite.

Que doit obligatoirement contenir un contrat CCMI ?

Les mentions et documents imposés par la loi

Voici les mentions obligatoires que vous devez impérativement trouver dans votre exemplaire :

  • L'identité des parties : vos noms et ceux du constructeur, accompagnés de ses attestations d'assurance (responsabilité civile professionnelle décennale).

  • La désignation du terrain : l'adresse, la surface et les références cadastrales.

  • La notice descriptive détaillée : la « fiche technique » de votre maison. Elle liste exhaustivement tous les travaux à la charge du constructeur. Vous devez aussi y trouver les références des équipements et des matériaux installés.

  • Le prix global, forfaitaire et définitif : le montant total TTC que vous allez régler.

  • Les attestations de garanties obligatoires : garantie de livraison (délivrée par un garant financier), de remboursement (facultatif) et assurance dommages ouvrage.

  • Les modalités de paiement : le calendrier des appels de fonds (nous y reviendrons, car c'est aussi un point réglementé par la loi).

  • Les délais : les dates d'ouverture du chantier et d'achèvement des travaux.

  • Les conditions suspensives : c'est votre porte de sortie ! Le contrat ne devient vraiment définitif que si la vente du terrain aboutit, que vous obtenez votre permis de construire et votre prêt immobilier.

  • Le délai de rétractation : vous disposez de 10 jours calendaires pour changer d'avis après la signature, sans justification. Ce délai démarre à compter du lendemain de la présentation de la lettre recommandée vous notifiant le contrat.

Zoom sur les garanties obligatoires prévues par le CCMI

La garantie de livraison à prix et délais convenus

C’est la star des protections, celle qui n'est proposée dans aucun autre contrat

Le constructeur doit souscrire cette garantie auprès d'un établissement financier ou d'une assurance (le garant). 

S'il dépose le bilan en plein milieu du chantier, ou s'il ne peut pas le terminer, le garant prend le relais

Il désigne un nouveau prestataire et paie les surcoûts éventuels pour que votre maison soit terminée au prix et à la date prévus au contrat.

La garantie de remboursement

Si vous versez un acompte à la signature du contrat (avant le début des travaux) et que le projet tombe à l'eau (refus de permis ou de prêt) ou que vous vous rétractez dans les délais, vous récupérez chaque centime versé.

Les garanties après la remise des clés

  • La garantie de parfait achèvement (GPA) : pendant un an, le constructeur doit réparer tous les désordres que vous signalez, quelle que soit leur nature. Une porte qui ferme mal, une fissure sur un joint, un dysfonctionnement, c'est compris dans sa mission. 

  • La garantie biennale de bon fonctionnement : pendant deux ans, elle couvre tous les équipements dissociables de la maison (robinetterie, radiateurs, volets roulants, portes intérieures).

  • La garantie décennale : c'est la plus connue. Pendant dix ans, le constructeur est responsable des dommages qui compromettent la solidité de la maison ou la rendent inhabitable (problèmes de structure, étanchéité du toit, etc.).

Un mot sur le prix du CCMI : qu'est-ce que ça comprend vraiment ?

Contrairement au fonctionnement avec un maître d'oeuvre, dans un CCMI, on parle de prix global, forfaitaire et convenu.

Qu’est-ce que veut dire ? 

Vous signez votre contrat, puis le constructeur se rend compte qu'il a mal calculé le nombre de tuiles ou que les fondations sont plus profondes que prévu. 

Eh bien, la règle est la suivante : le surcoût est à sa charge ! Quelle que soit l'erreur commise, il doit vous garantir un ouvrage conforme à la notice descriptive et aux règles de l'art du bâtiment, et n’a absolument pas le droit de vous demander un supplément.  

Deuxième information à connaître : le prix convenu inclut tout !

Le dépôt du permis, les matériaux de construction, les équipements, la main-d'œuvre, les assurances professionnelles, le suivi de chantier et la marge du constructeur.

Bien sûr, si après la signature, vous craquez pour un carrelage plus haut de gamme ou voulez ajouter des cloisons partout, le constructeur rédigera un avenant. À ce moment-là, le prix changera, car c'est une demande de votre part.

Le calendrier des paiements : un fonctionnement encadré par la loi

La loi interdit au constructeur de vous imposer ses conditions de règlement. Les appels de fonds sont strictement réglementés, en fonction de l'avancement des travaux

Voici les seuils maximums autorisés (en cumulé) :

  • 5 % à la signature, si le constructeur fournit une garantie de remboursement ;

  • 10 % à l'obtention du permis de construire ;

  • 15 % à l'ouverture du chantier ;

  • 25 % à l'achèvement des fondations ;

  • 40 % à l'achèvement des murs ;

  • 60 % à la mise hors d'eau (le toit est posé) ;

  • 75 % à la mise hors d'air et l'achèvement des cloisons ;

  • 95 % après la pose d'équipements, plomberie, électricité et chauffage ;

  • le solde (5 %) à la réception des travaux, après la levée des réserves.

Information à connaître

Ne versez jamais le solde avant la levée de toutes les réserves, surtout si vous constatez des malfaçons pendant la réception. Si nécessaire, cet argent peut-être consigné, mais le constructeur ne peut pas conditionner la remise des clés au versement du solde.

Ce qu'il faut retenir 

Avec un CCMI, on ne paye jamais pour des travaux qui ne sont pas encore réalisés. Sauf pour le dépôt de garantie à la signature, si une garantie de remboursement est annexée au contrat.

Et vous êtes en droit de demander une visite de chantier après chaque appel de fonds pour vérifier par vous-même l'état d'avancement des travaux.

Le CCMI : des obligations pour chaque partie

Les obligations du constructeur pendant toute la construction

C'est bien simple, le constructeur a une obligation de résultat. Il vous doit absolument tout ce qui est écrit noir sur blanc dans le contrat :

  • livrer une maison conforme aux normes en vigueur (notamment la RE 2020) ;
  • aux plans fournis et à la notice descriptive (il doit l'installation des matériaux qu'il a promis) ;
  • dans le délai prévu ;
  • et au prix convenu.

Les obligations du maître d'ouvrage (vous !)

Eh oui ! Vous avez aussi des choses à faire ! 

Rassurez-vous, le coup de main sur le chantier n'est pas au programme ! Mais vous avez quelques obligations. Certaines « officielles », d'autres plus implicites.

L'Assurance dommages ouvrage (DO) 

C'est VOTRE seule obligation légale. Elle vous permet d'être remboursé très rapidement en cas de sinistre décennal après votre emménagement. 

Et ce, sans attendre que la justice détermine qui du maçon, du couvreur, du constructeur ou de l'architecte est vraiment responsable. Ce qui peut prendre des mois !

Parfois, le constructeur peut vous proposer d'inclure la dommages-ouvrage via son assureur dans son CCMI, mais vous restez le souscripteur.

Le respect des règles de sécurité

Vous n'avez pas l'accès libre au chantier quand bon vous semble

Oui, c'est votre terrain. Oui, c'est votre future maison. On comprend parfaitement que vous vouliez voir chaque nouvelle étape de vos propres yeux. Mais pour le moment, le chantier est sous la responsabilité du constructeur.

C'est une question de sécurité et d'assurance. Vos visites doivent être prévues à l'avance avec votre conducteur de travaux.

La réactivité

Pour que le constructeur puisse respecter ses délais, vous lui devez (implicitement) une certaine réactivité et un investissement personnel dans le projet.

Vous devez par exemple :

  • transmettre rapidement toute demande de l'administration que vous recevez ;
  • vous montrer proactif(ve) pour obtenir votre financement ;
  • valider vos choix de matériaux (carrelage, parquet) dans les temps pour ne pas bloquer les commandes ;
  • éviter d'attendre 3 jours avant de rappeler votre conducteur de travaux qui vous laisse un message.

Avant de signer son CCMI : à quoi faire (très) attention ?

Quelques vérifications pour éviter tout malentendu

Une erreur, ça arrive. Et ce n'est pas forcément un signe de mauvaise foi du constructeur

Alors, avant de signer, lisez plusieurs fois le contrat à tête reposée. Vérifiez notamment :

  • le prix et modalités de paiement ;

  • les délais et pénalités de retard applicables ;

  • la cohérence entre plans et notice.

Précision en ce qui concerne la notice descriptive : attention aux documents trop vagues. Ils laissent le champs libre au constructeur quant au type de matériau qu'il met en oeuvre. Et vous n'êtes pas à l'abri de vous retrouver avec du premier prix partout !

Par exemple, « cloisons intérieures » n'est pas une description ! Quelle épaisseur ? Quels matériaux ? Est-elle isolée phoniquement ou non ?

Vous avez le droit de demander des précisions écrites avant de signer. 

Attention

Vérifiez toujours que les attestations de garanties soient nominatives. C'est-à-dire spécifiquement éditées pour votre chantier !

Attention bis 

Si le constructeur ne dispose pas d'une garantie de remboursement (délivrée par un organisme financier), il ne peut pas demander d'acompte à la signature. S'il en a une, c'est 5 % du prix total au maximum !

Pratiques discutables et clauses abusives : les red flag à fuir !

Sous couvert de proposer un CCMI « protecteur », certains professionnels tentent de contourner la loi avec des clauses illégales. 

Si vous repérez quelques-uns de ces éléments, fuyez !

  • Une pression pour signer : « Signez aujourd'hui, le prix augmente de 10 % demain ». Merci, mais non merci !

  • Une demande d'acompte anormalement élevée (plus de 5 %) : c'est parfois l'indication que le professionnel rencontre des difficultés financières. 

  • Des documents manquants : Si vous entendez « Je vous enverrai les attestations de garantie plus tard. », ne signez rien. Sans l'attestation nominative à votre nom et à l'adresse de votre chantier, vous n'êtes pas protégé.

  • Les clauses abusives : vous interdir de visiter le chantier avant la réception, conditionner la remise des clés au versement du solde, imposer un droit de regard sur votre financement, ajouter des motifs de retard pour contourner la garantie de livraison ou prévoir des conditions de révision de prix (erreur de métré, oublis, etc.). Tout ça, c'est illégal, donc c'est non !

Le conseil Kazimo 

Vérifiez toujours les évaluations d'anciens clients pour vous faire un avis. Mais attention, faites toujours une moyenne. Ne vous focalisez pas sur deux ou trois avis négatifs ! Des clients difficiles, ça existe aussi !

Généralement, un constructeur peu fiable se repère assez vite ! Les avis sont très mitigés. Dans le doute, on en rencontre un autre.

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